vendredi 23 avril 2010

Une carte de presse pour les bloggueurs ?

En voilà une question. Il est vrai qu’elle mérite d’être posée au vue de la variété des points de vue autour du sujet. Justement Emery (mry.blogs.com), David Lacombled (Orange.fr), Johan Hufnagel (Slate.fr) ont donné leur avis sur DecideursTv.
Je croyais assister à un débat, il s’agit plutôt d’une énumération de faits. Difficile d’être constructif. D’ailleurs, cette itv ne donne pas vraiment de réponse. Voilà pourquoi j’ai eu envie de donner la mienne.


Les journalistes « sortent de leur media »

Aujourd’hui, nombre de journalistes bloguent. Une façon pour eux d’explorer de nouvelles contrées en sollicitant directement les internautes via le media web de leur support ou via un blog perso ce qui leur permet de se dédouaner d’une quelconque ligne éditoriale. Pour un journaliste, c’est aussi un façon d’écrire en faisant émerger l’ego derrière le papier. Et quand je dis « ego » n’y voyez rien de négatif.

Généralement, seul le style permet d’identifier un journaliste par rapport à un autre, sur son blog perso, le journaliste termine souvent par un « moi je ».
Ce fameux « moi je », les bloggueurs quelle que soit leur spécialité, le connaissent bien. C’est d’ailleurs pour ça qu’ils écrivent. Voilà où réside la force du blog : commenter l’info, démonter l’info, reprendre l’info, comparer l’info, dire moi j’aime, moi j’aime pas.


Qui dit journaliste, dit missions

Mais cette info d’où vient-elle ? Très souvent de ces biens-nommés journalistes équipés la-dite de La carte de presse. Etre sur le terrain, aller chercher l’info, la vérifier, la retranscrire, ne pas divulguer ses sources. J’en conviens, certaines infos émanent de blogueurs qui ne sont pas forcément des journalistes.
Le journaliste (et je ne parle pas du nouveau "journaliste-citoyen") est investi d’une vrai mission : donner au lecteur toutes les clés pour qu’il se forge une opinion. Voilà son métier. Alors si, et seulement s’il remplit ces missions, il peut prétendre à disposer d’une carte de presse.

Je sais que ça ne plaira pas à tout le monde, mais d’après moi tous pouvons être blogueurs, mais pas journaliste.
J’aime lire des articles de journalistes, j’aime lire des articles de blogueurs. La frontière ne réside sûrement pas dans le support utilisé (web, papier, télé…) mais dans la recherche et la transmission de l’information.

« les journalistes détestent les blogueurs »

Dommage d’entendre des telles choses. Un journaliste qui connaît son métier et l’exerce au mieux comprend que les blogueurs jouent un rôle important. C’est une façon pour lui d’aller au devant des critiques et surtout des lecteurs.

Une raison qui pourrait expliquer une certaine réticence des journalistes : la publicité. Journalisme et publicité se doivent d’être antinomiques. L’éditeur de presse paie le journaliste, qui paie le bloggueur ? Les bloggueurs qui appliqueront cette loi* auront déjà fait un grand pas vers … la carte de presse l’objectivité.
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*L’article L 7111-6 du code du travail a établi une incompatibilité en ce qui concerne les agents de publicité et le métier de journaliste.


La vidéo en question :

mercredi 31 mars 2010

Ronit Elkabetz, une actrice à couper le souffle


Le charisme. Un mot dont on use et dont souvent on abuse. Pourtant c’est bel et bien ce que dégage cette femme. Ces longs cheveux noirs, son teint mat, la façon qu’elle a de s’exprimer par les gestes, par l’attitude, lui donneraient presque des airs latinos. Mais non, Ronit Elkabetz est israélienne.

Depuis l’âge de 25 ans, elle a ouvert la porte du septième art. Une entrée réussie, puisque son premier casting lui a offert un premier rôle. Dès lors, elle a incarné des femmes. Des femmes que la vie a marquée. Une droguée, une attardée puis un travesti … Ronit le dit elle-même, elle n’a « jamais été attirée par les rôles de belles femmes »  mais plutôt « par la difficulté, la saleté, ce qui gratte, ce qui saigne ».

Puis elle a choisi d’incarner une mère. 

Dans Tête de Turc, en salles aujourd’hui, Ronit est une mère turque, immigrée en France. Une mère qui vit seule avec ses deux garçons, en banlieue. Une femme qui se tue au travail pour manger, pour que ses fils ne manquent de rien, pour qu’ils ne se laissent pas enrôler dans la délinquance qui les attend au pied de l’immeuble.  Une mère qui ne baisse pas les yeux et relève la tête quoi qu’il arrive.

Dans ce dernier opus de Vincent Elbé, j’ai aimé la voir jouer. Son interprétation est bluffante, elle vous prend aux tripes. Ses colères, ses angoisses, les non-dits sont transcendants.

Ronit Elkabetz rend hommage à ces mères-courage dont le quotidien est souvent difficile et dont l’éducation de leurs enfants est une priorité.  Ce rôle est un véritable engagement. L’intéressée dit sentir la « responsabilité de raconter la société telle qu’elle est », et nous le fait ressentir.

La vie de Ronit a sûrement contribué à enrichir ces personnages. Découvrez là dans Tête de Turc, vous m’en direz des nouvelles.

-- En savoir plus sur Tête de Turc sur Breve2cinema
Photos : Allocine.fr